Mais la légende n’a-t-elle pas masqué la réalité ? Derrière le héros, connaît-on toujours l’homme, qui n’a pas échappé à une « légende noire », tissée de son vivant ?
Même si l’on compte sans doute plus de livres et d’articles sur Napoléon qu’il ne s’est écoulé de jours depuis sa mort, et que la Cinémathèque de Lausanne a recensé plus de mille films consacrés à l’épopée impériale, le personnage ne cesse de fasciner. Aussi est-il plus que jamais nécessaire de trier dans cette abondance le bon grain de l’ivraie.
Il revenait naturellement à Jean Tulard, sacré « maître des études napoléoniennes », la mission de distinguer le vrai du faux.
Napoléon est-il un fauteur de guerres ? Celles-ci ont-elles causé la mort d’un million de Français ? A-t-il ruiné le pays ? La vente de la Louisiane constitue-t-elle une faute ? Est-il misogyne, esclavagiste et antisémite ? Se veut-il corse avant d’être français ? Joséphine a-t-elle joué un rôle important ? A-t-il été empoisonné à Sainte-Hélène ? Est-il l’ancêtre des dictateurs ? »
« Napoléon. Vérités et légendes », Jean Tulard, Perrin, 2025, 288 p.
18 février 2025 @ 02:38
Jean Tulard a t-il trié le bon grain de l’ivraie ? Qui pourrait lui apporter la contradiction ?
Je lirai bien sûr ce livre.
19 février 2025 @ 13:24
Jean Tulard est un assez grand historien et spécialiste pour avoir trié le bon grain de l’ivraie et la contradiction c’est son esprit objectif d’historien.
18 février 2025 @ 07:03
C’est le 10980ème livre sur Napoléon ???
18 février 2025 @ 07:34
En effet, Jean Tulard est le maître en la matière.
Aux questions posées ci-dessus, il en est une à laquelle il est facile de répondre. Napoléon se sentait plus français que corse. C’est à la France qu’il devait son destin exceptionnel.
En Corse, mis à part à Ajaccio, sa ville natale, Napoléon ne fait l’objet d’aucune admiration particulière. Le grand homme pour les Corses est Pascal Paoli.
En revanche Napoléon III y est aimé car il a fait pour la Corse et les Corses plus que son oncle. Et sans jamais être allé sur l’île, il y était attaché. L’impératrice Eugénie, en se rendant à Suez pour l’inauguration du Canal, s’était arrêtée en Corse où elle avait été très bien reçue. Certaines familles en gardent encore le souvenir.
18 février 2025 @ 15:55
Oui, Cosmo, j’avais été frappée de cela quand nous avons commémoré un anniversaire de Napoléon, en août 2019. La population locale ne l’appréciait pas, contrairement aux Corses qui étaient partis sur le continent et étaient revenus dans l’île pour leur retraite.
19 février 2025 @ 09:57
Il semblerait qu’il ajoutait une touche bretonne assez prononcée dans sa particularité de se sentir plus français que corse .Il a aidé de façon itérative cette région avec des entreprises assez pointues pour l’époque – la ville futuriste de Pondi (Pontivy) le canal de Nantes-à-Brest – La pointe morbihannaise enfoncée dans le Finistère pour obliger l’un de ses amis – bref !
19 février 2025 @ 11:41
C’est vrai , Cosmo ; à sainte Hélène il le regrettera: » je n’ai pas fait assez pour ma belle Corse ». les « arrétés Miot » ont pourtant exempté la Corse des impôts indirects et des droits de succession. Cela jusqu’à nos jours puisque j’en ai moi même bénéficié lorsque j’ai hérité des mes parents . C’est fini hélas maintenant …(cela apprendra peut être aux pseudo Corses à se calmer?)
20 février 2025 @ 18:40
Kalistea, les Corses payent maintenant des droits de succession ? Je croyais qu’il n’y avait pas de cadastre sur l’île ?
21 février 2025 @ 18:50
Passiflore,
Vous confondez la Corse et la Grèce. Le système administratif et légal est le système français car la Corse est française. Un régime dérogatoire en matière de droits de succession a été accordé par Napoléon, basé justement sur le revenu cadastral. Mais il n’existe plus en tant que tel. Jusqu’en 2027, la base des déclarations de succession se fait sur la moitié de la valeur des biens immobiliers.
Le problème de la Corse est le régime d’indivision trop répandue, pour des raisons historiques, la perte de valeur des biens après la Première Guerre Mondiale, suite à la mort de 20 000 hommes sur les champs de bataille ( 1/10ème de la population ) et l’exode beaucoup de Corses dans l’administration coloniale. Faute de bras, les terres n’étaient plus cultivées et perdaient donc leur intérêt. Pourquoi se partager des biens qui ne valaient plus rien ?
Là aussi, les choses bougent.
Bon weekend
Cosmo
22 février 2025 @ 15:50
Cosmo, loin de moi l’idée de critiquer les Corses. J’ai posé ces questions car un ami notaire m’avait parlé du cas suivant : un de ses amis, qui avait acheté en Corse un bien (non familial) huit ans auparavant, voulait faire une donation de cette maison à ses enfants. Il arrive chez le notaire avec des papiers signés par l’acquéreur et le vendeur. Mais il fallait, pour la prescription trentenaire obligatoire, avoir les actes notariés des propriétaires précédents jusqu’à trente ans. Il n’a pas pu les produire. Et c’est encore plus compliqué quand l’indivision est ancienne même si les biens ne valent pas grand chose. Je ne sais pas ce que vous en pensez ?
24 février 2025 @ 12:17
Passiflore,
Je suis surpris par la réponse du notaire. Si un acte de vente a été signé et que le propriétaire veuille revendre, je ne vois pas en quoi il est nécessaire d’établir une notoriété trentenaire. Elle avait dû être établie avant, établissant les droits du vendeur, pour permettre la signature de l’acte de vente.
L’indivision, sujet sur lequel j’ai travaillé, est en effet bien plus compliquée s’il faut remonter à plusieurs générations car les indivisaires sont souvent nombreux et certains ont même disparu dans la nature. Il est donc impossible de les faire intervenir. C’est pour cela que des maisons tombent en ruines et des terrains restent en friches. Mais le droit français exige l’unanimité pour sortir de l’indivision. C’est donc souvent un casse-tête, souvent insoluble.
Personnellement, je ne trouve pas normal que des personnes s’étant désintéressées de leur héritage, pendant des décennies, en laissant la charge aux autres, aient les mêmes droits que ceux qui y ont veillé. Il y a là une lacune du droit.
Il est possible que les nouvelles règles sur la possession trentenaire appliquées en Corse depuis une vingtione d’années, aident à régler ce problème.
Bonne semaine
Cosmo
21 février 2025 @ 12:43
Et vous ,êtes vous une Corse authentique pour parler en leur nom ?
22 février 2025 @ 12:27
Oui, Kalistéa est une corse authentique d’une famille ancienne et respectée.
22 février 2025 @ 12:30
Si c’est à moi que vous vous adressez Pélikan , je puis vous assurer qu’il n’y a pas plus Corse que moi. Mais je ne me crois pas le droit de parler au nom de 300000personnes. (car c’est à peu près le nombre des Corses qui peuvent prétendre à l’être .)
18 février 2025 @ 08:53
Ah ça oui, il y en a tellement sur Napoléon et ça ne sera pas le dernier.
On verra bien.
18 février 2025 @ 09:08
On a connu Jean Tulard plus pointu.
Mais j’imagine qu’il s’agit d’un ouvrage de compilations voire de commande avec lequel l’éditeur veut capitaliser sur l’aura de l’auteur qui figurait déjà dans les bibliographies nécessaires lorsque j’étais étudiant.
18 février 2025 @ 09:17
Encore, un énième livre sur Napoléon !
18 février 2025 @ 10:16
Le Premier consul ne se faisait pas vraiment d’illusions sur la durée de la paix avec la couronne britannique. De son côté, le président Jefferson envisageait de procéder, par l’intermédiaire du futur président James Monroe, à l’achat de la Louisiane, et d’abord à celui de l’île d’Orléans. Monroe partit pour Paris, en mars 1803, avec pour mission d’offrir au gouvernement français soit 10 millions de dollars pour acheter La Nouvelle-Orléans et le rivage gauche du Mississippi en son entier, soit 7,5 millions pour la ville seule. Bonaparte expliquera, le 10 avril 1803, au cours d’une réunion à Saint-Cloud, qu’il n’entend pas laisser la Louisiane à portée des canons des Anglais et que la bonne solution est donc de rendre possible une cession de celle-ci aux Américains. En cas de guerre, qu’il sait inévitable et sans doute imminente, avec l’Angleterre, le Premier consul est sûr de la perte de la colonie. Vingt jours après l’entrevue de Saint-Cloud, un accord est conclu avec les États-Unis : pour quatre-vingts millions de francs. L’accord sera finalisé et signé le 8 mai 1803 (d’après Raphaël Lahlou, revue du Souvenir Napoléonien, avril 2002).
19 février 2025 @ 16:10
Sait-on si cette somme fut intégralement versée ?
18 février 2025 @ 10:18
La Louisiane française représente 22,3 % de la superficie actuelle des États-Unis. C’était alors une région regroupant les états actuels du Montana, du Dakota du Nord et du Sud, du Nebraska, de l’Iowa, du Kansas, de l’Oklahoma, du Missouri, de l’Arkansas, de la Louisiane même et d’une partie du Minnesota, du Wyoming et du Colorado.
18 février 2025 @ 15:51
Je précise que je n’avais pas lu l’article d’Actarus quand j’ai écrit ceci (je viens de le lire à 15 h 51) mais j’ai fait partie de l’association France-Louisiane pendant longtemps, c’est pourquoi je me suis intéressée à la Louisiane.
19 février 2025 @ 11:46
Comme moi alors chère Passiflore! J’étais à la Nouvelle Orléans lors de la célebration du bi centenaire. ( même que la gouverneure n’a pas voulu nous recevoir à la grande soirée festive à cause de la scandaleuse position du président Chirac lors la guerre contre Saddam Hussein )
18 février 2025 @ 10:22
même s’il ne faut pas juger un livre sans l’avoir lu , étant de jean Tulard ce livre là , m’apparait comme forcément bon .Et tous ceux qui a longueur de messages erronés sur l’Empereur devraient le lire afin de faire un tri . Comme tous les humains napoléon n’est pas exempt d’erreurs et sûrement Jean Tulard en parlera mais il remettra aussi les pendules à l’heure en ce qui concerne les calomnies .
18 février 2025 @ 11:41
Un livre sans doute de plus grande valeur que la plupart et peut-être une sorte de testament d’un auteur qui a voué toute sa carrière au personnage et n’a plus rien à prouver ; il peut sans doute plus que beaucoup tendre à l’objectivité, même si dans l’absolu celle-ci n’existe pas .
Si je suis en manque de livres je lirai celui-là.
18 février 2025 @ 16:42
Oui, Pélikan du Danube, je pense qu’il faut voir ce livre comme une sorte de testament. Il y avait, le 3 février dernier, une conférence à l’Institut (à laquelle je n’ai pu assister) sur « Napoléon Ier, émule d’Alexandre ? ». Je ne sais pas si elle aurait dû être faite par Jean Tulard, académicien, mais elle a été faite par Eric Anceau qui pourrait être un de ses « successeurs » d’après ce que m’ont dit les auditeurs.
Aucun rapport, je vous ai répondu à propos des octogénaires.
19 février 2025 @ 15:52
Je viens de lire ,merci .
Autant/Au temps pour moi !
Je savais que la première était pleine de révérence pour l’Université, j’ignorais qu’elle en fit vraiment partie bien que cela ne me surprenne pas , je n’ai d’ailleurs jamais douté de ses connaissances ; l’obsession des universitaires à incarner la seule voie de la connaissance m’est un peu connue.
Quant à la deuxième je ne vois pas et ne veux pas savoir, Pistounette a fait beaucoup d’efforts sincères et désintéressés pour enrichir ce site et en a selon moi été bien mal récompensée.
La connaissance est une longue suite d’erreurs patiemment rectifiées !
Bonne journée.
Pascal
18 février 2025 @ 12:16
Jean Tulard étant un vrai spécialiste de Napoleon, ce livre devrait être offert à des jeunes qui aiment lire, ou lire l’Histoire.
18 février 2025 @ 13:28
« maître des études napoléoniennes » ? Rien que ça.
18 février 2025 @ 14:47
Oui, Jean Tullard mérite de titre car il a étudié ne se contententant pas de recopier .
18 février 2025 @ 15:10
Grand historien et superbe conférencier ,avec lui, on ne s’ennuie pas du tout !
18 février 2025 @ 15:52
J’aime beaucoup Jean Tulard, je lirai donc ce livre.
18 février 2025 @ 20:16
Un nouveau livre sur Napoléon
19 février 2025 @ 16:01
Dominique de Villepin (ou Galouseau de Villepin ? ) avait constitué paraît-il une bibliothèque pour en écrire un autre ,bibliothèque qu’il a ensuite vendue aux enchères.
L’empereur Hailé Selassié avait dit on beaucoup de livres sur Napoléon dans sa bibliothèque.
Napoléon était lui même grand lecteur.
Est-ce que beaucoup de livres amènent davantage que quelques livres bien choisis voir un seul ? Là est en effet la question, sachant que la quintessence est sans doute elle-même subjective…
Pour changer de nos controverses habituelles certains passionnés pourraient nous proposer leur bibliothèque idéale sur tel ou tel sujet ou personnage relevant des préoccupations habituelles de ce site ?
21 février 2025 @ 11:51
Pélikan du Danube, on peut voir au Museo napoléonien de La Havane une dent de Napoléon.
22 février 2025 @ 12:36
Probablement extraite par le « docteur » Antomarchi , alors chère Passiflore.Comme vous savez Napoléon n’appréciait guère ce prétentieux cap Corsin et il ne le mentionna ps dans son testament. Mais Antomarchi après la mort de l’Empereur ne rentra pas en Europe et s’installa à Cuba où sous le nom de » médecin de l’Empereur Napoléon » , il exerça la médecine et fit dit on fortune .
23 février 2025 @ 14:43
Merci, chère Kalistea, c’est donc peut-être le médecin en question qui a offert cette dent au Vénézuélien qui a fondé le musée.
25 février 2025 @ 12:08
Antomarchi a du penser en conservant cette dent et en l’emportant avec lui , qu’il aurait quand même une relique de l’empereur à négocier en cas de besoin , étant donné que l’Empereur ne lui légua dans son testament qu’ » une corde pour se pendre » …(rires)